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LA PASSION SELON SUZUKI ET CROSBY : CARBURANT OU POISON

Un article qui présente des idées pour mieux comprendre la passion comme moteur de performance humaine. Un petit outil diagnostic et quelques conseils sont aussi présenté.

Dans son célèbre discours à l'Université Stanford en 2005, Steve Jobs lançait cet appel vibrant :

« Votre travail va occuper une grande place dans votre vie, et la seule façon d’être pleinement satisfait est de faire ce que vous croyez être du bon travail. Et la seule façon de faire du bon travail est d’aimer ce que vous faites. Si vous n’avez pas encore trouvé, continuez à chercher. Ne vous installez pas. »

Cet amour pour ce que l'on fait — la passion — est l'ingrédient secret de l'innovation et de l'excellence. Pourtant, en tant que psychologue de la performance, je vois souvent le revers de la médaille. Aimer ce que l'on fait est nécessaire, mais la manière dont on aime détermine si l'on va durer ou s'effondrer.

1. Les deux visages de la passion (Le modèle de Robert Vallerand)

Pour comprendre cette dualité, il faut se tourner vers les travaux du chercheur québécois Robert Vallerand, le pionnier mondial sur le sujet. Il démontre que la passion n’est pas n'a pas que des effets positifs. Elle a deux visages :

La Passion Harmonieuse : L'activité occupe une place importante, mais elle reste en équilibre avec votre vie. On la pratique par plaisir et par choix. Elle nourrit le bien-être et la créativité.
La Passion Obsessive : L'activité vous contrôle. Votre identité fusionne avec vos résultats : « Je suis mon succès (ou mon échec) ». C'est le terrain fertile du burnout et de l'anxiété de performance.

2. Le "Grit" et la Captain Class : Suzuki et Crosby

Dans son livre The Captain Class (2018), l'auteur Sam Walker identifie que les plus grands leaders et capitaine d'équipe sportive, possèdent une ténacité extrême alliée à un contrôle émotionnel de fer. C'est l'incarnation du Grit (2016) d'Angela Duckworth : la passion et la persévérance à long terme.

Nick Suzuki, le capitaine du Canadien, illustre parfaitement cette passion harmonieuse. À l'aube des JO de Milan 2026, il confiait :

« Porter le chandail d'Équipe Canada représente tout pour moi. C’est un rêve d’enfant... l'enjeu est de transformer cette intensité en performance, pas en stress paralysant. » Suzuki possède ce Grit parce qu'il sait gérer ses émotions : il aime le jeu, mais ne laisse pas le jeu le consumer.

Sidney Crosby, modèle de persévérance depuis deux décennies, rappelle l'importance de la joie intrinsèque :

« Le sentiment de fierté reste intact... le plus important, c'est de travailler fort et de s'amuser. » Pour Crosby, la passion est durable parce qu'elle reste un plaisir, et non une obligation identitaire ou une quête de validation constante. Représenter son pays est une manière de vivre sa passion.

Deux auteurs Steve Magness et Brad Stulberg que j'apprécie beaucoup pour leur passé d'athlète en athlétisme mais aussi pour leur approche est leurs réflexions. Leur livre The Passion Paradox reprend les idées de Robert Vallerand. 

Le Diagnostic du Coach : 4 questions pour vous évaluer

Inspiré de l'échelle de Vallerand, posez-vous ces questions cette semaine :

  1. Liberté : Est-ce que je choisis mon travail aujourd'hui, ou est-ce que je me sens "poussé" par une force interne que je ne contrôle plus ?
  2. Identité : Si mon succès s'arrêtait demain, est-ce que je me sentirais encore "complet" en tant qu'humain ?
  3. Humeur : Mon bonheur dépend-il exclusivement de mes derniers résultats ou de ma performance du jour ?
  4. Équilibre : Mon intensité au travail m'empêche-t-elle de savourer d'autres aspects essentiels de ma vie ?

4 conseils pour une passion durable

  • Détachement Intentionnel : Comme Suzuki, apprenez à laisser le "match" au vestiaire. Fixez des zones et des moments de non-performance et récupération.
  • Diversifiez vos intérêts : Cultivez des projets ou des loisirs où il n'y a rien à gagner, juste pour le plaisir de l'acte lui-même.
  • La règle du 1% : Le Grit, c'est la constance. Visez la progression continue plutôt que l'intensité éphémère qui mène à l'épuisement.
  • Ma devise : Avancez « Petit, constant, longtemps, sagement. »

La passion est le carburant de votre réussite, mais c’est votre gestion émotionnelle qui doit tenir le volant.

Bruno Ouellette
[email protected]

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